Grève à Radio France, les arroseurs arrosés par Bruno Bertez

Article de Bruno Bertez "humeur de loup" samedi 28 mars 2015.

Il faut évidemment éviter d’écouter Radio France et France Info. Ce sont des institutions de pure propagande, non seulement au niveau des idées, au niveau des opinions exprimées, et également au niveau du vocabulaire choisi. A Radio France et France Info, tout est biaisé, tout est insidieux. Pour des raisons professionnelles, nous sommes malheureusement obligés de les écouter. Quand c’est le cas, il nous est difficile de conserver notre calme. Nous avons envie de bondir, de contester. Hélas, la parole médiatique est unilatérale.

Le plus dangereux, contrairement aux apparences, ce ne sont pas les opinions. En effet les opinions sont aisément reconnaissables et décodées. Etant étiquetées en tant qu’opinions, elles ne sont donc pas très dangereuses. Passons également sur la hiérarchisation et la sélection de l’information qui introduit évidemment des distorsions, tout le monde manipule de ce côté-là, aussi bien la télé que la radio et la presse écrite. La hiérarchisation de l’information est plus difficile à démystifier. Il faut être professionnel et surinformé pour discerner les biais qui sont introduits par les journalistes et les responsables de rédaction. La sélection des personnes interviewées est évidemment totalement truquée. Sachez que les journalistes, même s’ils le désiraient, n’ont pas la possibilité d’inviter et d’interroger qui ils veulent. Le plus dangereux se situe au niveau du vocabulaire utilisé. C’est le vocabulaire dominant, c’est-à-dire ce vocabulaire qui, sous des dehors innocents, comporte déjà un jugement positif ou négatif. Vous porterez attention, par exemple, au vocabulaire utilisé lorsque l’on parle de Poutine, même quand il n’y a rien de négatif à dire, le vocabulaire choisi stigmatise le Président russe. En sens inverse, on retrouve le même procédé s’agissant de la guerre entre Israël et les Palestiniens. Même quand il s’agit d’un rapport de l’ONU sur les victimes palestiniennes, les informations de Radio France trouvent le moyen de choisir un vocabulaire qui encense et soutient Israël tout en dénigrant les Palestiniens. Nous avons entendu par exemple un commentaire sur le nombre de victimes palestiniennes, nombre record en 2014, eh bien le journaliste a trouvé le moyen de parler du rapport sans citer le nombre de victimes. Chapeau. Il faut être doué pour le faire.

Les journalistes de la direction de Radio France sont évidemment aux ordres, cela tout le monde le sait. Quand on veut être interviewé et faire passer un message, on passe un coup de fil et le tour est joué. Quand on n’est pas content d’une info ou d’un commentaire, même chose et, dans la séquence suivante, ce qui est désagréable disparait, cette pratique est quasi quotidienne. Finalement, tout cela ne choque personne, les auditeurs se disent, c’est de bonne guerre, les autres, quand ils sont au Pouvoir, font la même chose.

Mais il n’y a pas que la propagande des pouvoirs en place qui s’impose sur les ondes, cela, après tout, est pratique courante en France. Il y a aussi et surtout l’idéologie de la classe journalistique spécifique à Radio France. C’est une véritable idéologie, une culture close qui fait que les journalistes de Radio France décodent l’actualité toujours de la même façon, et dans le même sens. C’est un condensé de la culture dominante, bien sûr, matinée avec l’esprit corporatiste du personnel de ce service public.

C’est une culture sans profondeur, sans base théorique, purement superficielle, qui enfonce toutes les portes ouvertes de la bien-pensance. Qu’il s’agisse des droits de l’homme, de la morale, de la politique étrangère, ou du découpage droite-gauche avec rejet des extrêmes.

Ce personnel du service public a réalisé une véritable capture, un véritable détournement des outils mis à sa disposition. Il jouit des ressources soutirées à l’ensemble des citoyens, mais ils ne sont au service que d’une partie d’entre eux. Les autres, on veut bien jouir de leur argent, et du fruit de leur activité, mais on s’octroie le droit de cracher dessus.

Et nous en venons au titre de notre petit billet d’humeur : les arroseurs arrosés.

Si vous avez écouté attentivement, comme nous l’avons fait, vous avez observé que la classe journalistique corporatiste de Radio France a soutenu la loi Macron. Rien ne leur a semblé plus normal que de détruire le statut des professions libérales, que d’amputer leur patrimoine et leurs revenus. L’introduction de la concurrence a fait leurs délices. Les professions libérales, il fallait aider Macron à les prolétariser. La classe journalistique corporatiste était dans le sens du vent puisqu’elle allait dans le sens des réformes et de la modernité. Hélas, les réformes, la modernité, l’efficacité, la productivité, tout cela, en période de difficultés, s’impose à tous. Il faut équilibrer les budgets, et veiller à ce que rien ne soit gaspillé. Il faut réserver les rémunérations à ceux qui produisent de la valeur sociale et économique. Donc il faut s’attaquer à la forteresse Radio France. Il faut oser indisposer ces messieurs et ces petites dames en s’attaquant à la gabegie qui y règne. Il faut licencier, réduire les budgets, faire des économies. Et oui, cela est dur! Que fait le personnel de Radio France, face à l’application à lui-même de ce qu’il conseille d’appliquer aux autres : il fait grève. Ce n’est pas : Touche pas à mon pote, c’est : Touche pas à mon poste… de travail. Moi, je suis sacré.

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Mis en ligne le 01/08/2014 pratclif.com