Le krach chinois peut-il entraîner l’Occident dans sa chute ?

La rentrée 2016 ne pouvait pas être plus mauvaise. La bourse de Chine s’est effondrée et l’ensemble des marchés occidentaux ont dévissé.

Personne ne l’avait anticipé ou prévu. Les marchés chinois se sont littéralement effondrés hier et les autorités chinoises ont dû arrêter les cotations à 7% de baisse pour éviter la panique. En Europe, les marchés ont perdu entre 4% et 10%. Le Dow-Jones de New-York a reculé de 2% dans la séance d’hier soir.

A priori, les spécialistes des marchés ont gardé la tête froide. D’abord parce que l’on sait précisément ce qui se passe en Chine. Ensuite parce que l’on sait pourquoi les dérapages chinois sont contagieux. Enfin, parce que l’on pense que les pays occidentaux ont les moyens de rééquilibrer le système. Le problème est, comme toujours, que l’Europe aura du mal à redresser la barre. Donc l’Amérique est assez indifférente à ce qui se passe à Pékin. L’Europe elle, risque d’en prendre plein les gencives.

La surprise a été totale à Shanghai ou à Shenzen, hier matin, quand les opérateurs ont déversé des tombereaux d’ordres de ventes sur le marchés. Du coup les cours se sont écroulés et les autorités ont fermé le marché. Cet effondrement a été officiellement provoqué par la publication des indicateurs de productions manufacturières en très nette baisse. Avec, au même moment, l’arrêt des mesures de soutien qui avaient été prises en août de l’année dernière. L’année dernière, les autorités boursières avaient interdit pour 5 mois les ventes d’actions par paquet de plus de 5% du capital. Dès que cette interdiction a été levée, lundi matin, les investisseurs chinois et étrangers ont vendu. D’où le reflux.

Mais au-delà, si tout le monde vend, c’est parce que tout le monde s’inquiète de l’évolution de l’économie chinoise. Le changement de modèle pose énormément de problème. En passant d’un modèle de développement orienté sur l’exportation de produits industriels, à un modèle plus orienté sur la consommation intérieure et les services, la machine chinoise commence à inquiéter.

Les Chinois savaient faire tourner des usines pour approvisionner le reste du monde. Ils ont beaucoup plus de mal à approvisionner le marché intérieur qui s’avère très difficile à satisfaire. D’autant que des Chinois qui commencent à consommer, veulent vivre aussi comme des occidentaux et le régime politique ne sait pas l’encadrer ou le gérer.

La résultante de cette évolution, c’est que la Chine a cessé d’approvisionner massivement l’occident et que l’occident a commencé à réindustrialiser. La logique de ce choix de politique économique voudrait que la Chine se mette à importer des produits occidentaux, ce qu'elle fait mal. Du coup les occidentaux ne savent pas exporter vers la Chine en séduisant les consommateurs chinois.

Par ailleurs, la baisse de production des Chinois a ralenti la consommation de matières premières et d’energie. Du coup, les pays producteurs qui sont en général des émergents sont mal. Le prix du pétrole continue de baisser , les produits agricoles s’effondrent . Il y a donc un risque de reprise de la crise. Celle de 2008 a été complètement enrayée, mais nous ne sommes pas à l'abri d’une rechute.C’est particulièrement vrai en Europe et plus précisément en France où les efforts de compétitivité ont été très discrets. La reprise de croissance en Europe dépendra beaucoup de la capacité que nous aurons à percer le marché chinois. Ca marche pour l’automobile, le luxe et le textile. Ça ne marche pas pour les millions de PME qui, en France, restent sur la quai de gare faute de ticket pour voyager. La France n’est pas donc à l’abri de l’onde de choc qui pourrait venir de Chine.


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Source: Le krach chinois peut-il entraîner l’Occident dans sa chute? Jean-Marc Sylvestre atlantico.fr

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Mis en ligne le 01/08/2014 pratclif.com