14 avril 2011
Le Monde

Faut-il renoncer à exploiter les gaz de schiste ?

Est-il possible de les extraire sans dommages pour l'environnement ?

Cette fois-ci, la partie semble jouée : la France devrait interdire, par une loi votée avant l'été, l'exploration et l'exploitation des gaz et des huiles de schiste sur son territoire. Qui aurait imaginé un tel scénario il y a encore quelques semaines ? Qui aurait pensé que ce dossier allait déchaîner autant de passion ?

Un feuilleton de plusieurs mois La fronde contre le gaz de schiste débute fin 2010 dans l'Ardèche, l'Aveyron et la Drôme, départements visés par trois permis d'exploration accordés discrètement, en mars 2010, par Jean-Louis Borloo, alors ministre de l'écologie, à Total et à l'américain Schuepbach Energy associé à GDF Suez. Les habitants s'inquiètent de la manière dont est libéré l'hydrocarbure emprisonné dans la roche : il faut fracturer le schiste en injectant à de très fortes pressions de l'eau mélangée à du sable et des adjuvants chimiques. Avec le risque de polluer les nappes phréatiques.

Très vite la lutte gagne du terrain jusqu'en Ile-de-France, où des permis ont été accordés pour la recherche d'huile de schiste. Le gouvernement décide de calmer le jeu en décrétant un moratoire sur les autorisations de recherche. Le temps d'attendre la fin de deux missions d'expertise : la première émane du ministère de l'énergie et du ministère de l'écologie. Ses résultats doivent être annoncés fin mai, après un rapport d'étape remis le 15 avril.

La seconde, parlementaire, est pilotée par deux députés, François-Michel Gonnot (UMP) et Philippe Martin (PS). Ses conclusions sont attendues le 8 juin. Objectif ? Savoir si le gaz de schiste est, oui ou non, exploitable en France sans mettre à mal le territoire. Tout ce dispositif est désormais caduc.

Surenchère politique Ebranlés par l'abstention record et la percée du Front national qui ont marqué les élections cantonales des 20 et 27 mars, les élus entendent regagner la confiance de leurs administrés. Le dossier gaz de schiste est emblématique de cette volonté de reconquête. Tout comme l'est celui du nucléaire depuis la catastrophe japonaise de Fukushima.

Fin mars, deux propositions de loi visant à interdire l'exploration et l'exploitation des gaz et huiles de schiste ont été présentées à l'Assemblée nationale. La première, déposée le 30 mars par Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche (SRC), vise à interdire aussi les forages en eaux profondes. La deuxième est proposée, le 31 mars, par Christian Jacob, président du groupe UMP à l'Assemblée, et député de Seine-et-Marne où un permis de recherche pour de l'huile de schiste a été accordé. Les deux textes mettent en avant le principe de précaution.

M. Jacob obtient du gouvernement qu'il déclare l'urgence sur sa proposition de loi afin qu'elle soit examinée en séance plénière le 10 mai, deux jours avant le texte de M. Ayrault. Jean-Louis Borloo dont l'administration a accordé les trois permis d'exploration à l'origine de la rébellion décide de déposer une proposition de loi anti-gaz de schiste. Pour Serge Grouard, député UMP du Loiret et président de la commission du développement durable et de l'aménagement du territoire à l'Assemblée nationale (dont les trois textes relèvent), c'en est trop : " J'ai souhaité remettre de l'ordre dans tout cela pour au moins éviter le ridicule. " Après des heures et des heures de pourparlers, le parlementaire réussit, mardi 12 avril, à faire accepter l'idée de rassembler les trois textes en un seul, avec deux corapporteurs, un PS et un UMP. Les débats devraient débuter le 10 mai.

Une seule proposition de loi Ce front uni des parlementaires contre les gaz de schiste devrait permettre l'adoption de la loi à une large majorité. " Nous allons donc légiférer avant même d'expertiser. Nous sommes dans l'émotionnel pur ", se désole Philippe Martin, député PS du Gers, l'un des deux chefs de file de la mission parlementaire d'information sur les gaz de schiste. Les écologistes à l'origine de la mobilisation n'en reviennent pas eux-mêmes : " Où est la cohérence ? Nous avions intégré l'idée d'un débat de fond sur les gaz de schiste. Personne n'était à deux ou trois semaines près. C'est le court terme et l'électoralisme qui ont pris le dessus ", s'insurge Alain Chabrolle, vice-président Europe-Ecologie du conseil régional de Rhône-Alpes.

Pour le gouvernement, ce texte unique est aussi un camouflet. Cent vingt-trois députés UMP soutiennent l'initiative de Christian Jacob, faisant fi des appels au calme des deux ministres en première ligne sur le dossier : Eric Besson, ministre de l'énergie, et Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'écologie. Implanté localement dans la Drôme, l'un des départements les plus frondeurs, M. Besson s'était fait discret ces derniers temps, laissant Mme Kosciusko-Morizet répondre, le 29 mars, aux questions des députés lors d'une séance publique houleuse. La ministre de l'écologie avait alors appelé à " travailler sereinement ", en attendant de savoir s'il était possible d'exploiter " proprement " gaz et huile de schiste. Elle n'a pas été entendue.

Facture énergétique L'empressement des députés à vouloir interdire les gaz de schiste fait grincer des dents. " Nous sommes dans une schizophrénie totale, car ces élus qui privent la France d'une nouvelle ressource énergétique possible sont les mêmes à interroger le gouvernement plusieurs fois par semaine sur les hausses du prix du gaz et du pétrole. On marche sur la tête ! ", indique-t-on au ministère de l'économie. L'exploitation croissante des gaz de schiste aux Etats-Unis pourrait rendre le pays autosuffisant en gaz d'ici à 2030. En Europe, des puits sont déjà forés en Allemagne, en Suède, en Pologne. " Il faudrait rappeler à tous ces parlementaires, surtout intéressés par retrouver un siège en 2012, le montant de la facture énergétique de la France en 2010 : 35,6 milliards d'euros pour les importations de pétrole et 9,4 milliards pour celles de gaz ", tempête un industriel.

Au ministère de l'énergie, outre s'inquiéter sur les sommes qu'il faudra verser aux industriels à qui les permis ont été accordés, on s'interroge sur le futur modèle énergétique de la France : " Depuis la catastrophe de Fukushima, le nucléaire est contesté. Maintenant, ce sont les gaz de schiste. Mais la montée en charge des énergies renouvelables, même dopée via une hausse des subventions, restera insuffisante. Savez-vous combien de milliers d'hectares d'éoliennes il faut pour remplacer une centrale nucléaire ? ".

Porte de sortie Conscients du danger d'avoir fait avorter le débat sur les gaz de schistes, certains députés sont certains qu'un jour ou l'autre le soufflé va retomber. " Attendons l'après-présidentielle. Une loi peut en défaire une autre, vous savez ", explique un élu UMP, précisant qu'il sera alors préférable de parler, non pas de permis d'exploration, mais de " recherche/expérimentation ".

Marie-Béatrice Baudet


Reportage

La mobilisation spontanée des habitants de l'Ardèche

Les entreprises gazières et pétrolières auront du mal à convaincre les habitants du sud de la France des bienfaits du gaz de schiste. Depuis que la nouvelle s'est répandue de la possible recherche de cet hydrocarbure, un vent de révolte s'est levé sur les collines ardéchoises, les montagnes cévenoles, les plaines gardoises, les replis drômois.

L'Ardèche est le point de départ de ce mouvement démocratique. " Cela a fait tâche d'huile, résume Gilbert Laureau, du Collectif ardéchois contre les gaz de schiste. Il y a eu tout de suite du monde aux réunions. " " C'est parti comme une traînée de poudre ", confirme Stéphanie Amette, du collectif Piémont-cévenol.

Une conférence de presse a été organisée, en décembre 2010, par des écologistes, à Aubenas. Puis un grand article dans Le Midi libre, une interview sur France Bleu Ardèche, et le bouche-à-oreille ont déclenché le mouvement. Et dès janvier, des collectifs se sont constitués dans de nombreux villages d'Ardèche, de la Drôme et du Gard.

Au moins 60 réunions publiques ont eu lieu en Ardèche depuis janvier, toujours pleines à craquer, allant jusqu'à rassembler plus de mille auditeurs à Villeneuve-de-Berg, le 10 février, avant la manifestation du 26 février, qui a réuni plus de 10 000 protestataires dans cette bourgade de 3 000 habitants.

" Dès que les gens sont informés, dit Stéphanie Amette, il n'y a pas photo, ils ne veulent pas être intoxiqués par ces compagnies qui ne sont là que pour le profit. Et qui vont encore accroître l'exode rural. " " Les gens se sont sentis agressés, dit Alain Vaubourg, retraité à Chamborigaud. Si on vient là, c'est pour la tranquillité, le calme, la vie sympathique. " Agriculteurs, chasseurs, pêcheurs, ont rejoint les écologistes.

L'économie locale serait aussi menacée : " Les viticulteurs et les professionnels du tourisme se sont mobilisés, dit Jean-Louis Chopy, porte-parole du collectif ardéchois. Ils savent que si le gaz de schiste est exploité ici, leur activité en pâtira. "

" Enorme suspicion "

La mobilisation s'est même traduite par l'organisation spontanée de systèmes de veille et de réseaux téléphoniques, pour essayer de repérer les engins de chantier utilisés pour étudier les terrains. " Dès janvier, raconte Guillaume Vermorel, un animateur du collectif ardéchois, les mamies commençaient à surveiller les routes. A chaque réunion publique, on entendait quelqu'un dire : "On va faire péter les camions." Il y avait une énorme suspicion à l'égard des camions sortant de l'ordinaire, des avions volant bas, des hélicoptères. "

Jusqu'à conduire à des quiproquos, comme le 9 mars, où trois cents personnes se sont retrouvées, le matin, à Villeneuve-de-Berg autour d'un camion spécial... qui venait installer des micropieux pour une ligne électrique !

Pour éviter ces erreurs, des délégués des collectifs de différents départements se sont retrouvés à Viviers, samedi 9 avril. Il s'agissait de se former avec des spécialistes de Greenpeace, pour organiser les réseaux de collecte d'informations fiables.

Même si le gouvernement et les députés ont signifié que le gaz de schiste ne serait pas exploité prochainement, les habitants entendent rester vigilants. Ils ont découvert, selon Anne Dez, du collectif drômois, que" quand les citoyens se mobilisent, ils ont du poids. Il faut faire comprendre aux gens qu'ils ont du pouvoir, s'ils s'unissent ".

Hervé Kempf (Viviers (Ardèche), envoyé spécial)


Québec

Cauchemar à 50 km de Montréal

C'est le temps des bernaches en vol vers le nord et des chevreuils, en mal de nourriture, qui arpentent les champs de maïs encore gelés. Dans cette vallée du Saint-Laurent, à 50 km de Montréal, " le sol est très fertile et l'agriculture reine ", confie Gérard Montpetit, enseignant à la retraite et résident de La Présentation, qui se bat au sein d'un comité régional de citoyens pour un moratoire sur l'exploitation des gaz de schiste d'Utica.

L'affaire est d'importance : le gisement, à 2 000 mètres de profondeur, entre Montréal et Québec, pourrait assurer, avec 18 000 puits à terme, l'autonomie gazière de la province pendant un siècle !

C'est " un rendez-vous à ne pas manquer ", déclarait la ministre des ressources naturelles, Nathalie Normandeau, en juin 2010, alors que la controverse enflait dans l'opinion publique. On accusait alors le gouvernement d'" improvisation " et d'avoir bradé les permis de prospection, accordés aux gazières comme le canadien Talisman, l'américain Forest Oil ou l'australien Molopo. On s'inquiétait des forages avec des techniques non éprouvées de fracturation hydraulique du roc (qui libère le gaz) et des risques de fuites dans le sol, les nappes phréatiques ou l'air.

Pour calmer le jeu, le gouvernement a demandé au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement une consultation publique. Son rapport, publié fin février, dénonçait le peu de contrôle de la situation et demandait une inspection rigoureuse des puits, ainsi qu'une évaluation environnementale approfondie. Québec a acquiescé, tout en refusant d'imposer un moratoire. " On a gagné une bataille mais pas la guerre ", commente M. Montpetit.

Entre-temps, 19 des 31 puits forés fuyaient début 2011. Talisman Energy a mis plus de deux mois à colmater en profondeur des fuites décelées, en janvier, à son puits de Leclercville. A La Présentation comme dans les villages voisins, trois des quatre puits forés ont des problèmes. " Les gazières nous sont tombées dessus comme une tempête de grêle ", se désole M. Montpetit en critiquant les " droits démesurés " qui leur ont été accordés. Un voisin, ancien militaire, a cru à " un tir d'obus " lors de recherches à l'explosif réalisées sans l'avertir sur son terrain... En plein village de Saint-Louis, près du centre de loisirs, Forest Oil a foré un puits, fracturé le roc, et des émanations de gaz s'échappent du puits depuis des mois.

Dans la campagne de La Présentation, Maryse Méthot songe à déménager. Sa maison et crèche familiale est située en face d'une ferme où des camions ont débarqué un jour sans prévenir. La gazière Canbriam a monté une tour de forage, foré jour et nuit à 150 mètres de sa chambre, installé le puits et des barbelés. " Une nuit, il y avait une grande flamme. Ils avaient ouvert la valve pour enlever de la pression ! " Après deux ans de " cauchemar ", le puits s'est mis à fuir après fracturation (à raison de 2,5 m3 par jour, disait Canbriam en janvier). Deux mois plus tard, la société avouait que le problème n'était " pas encore résolu ".

Québec a ordonné la fermeture du puits, mais les craintes des habitants n'ont pas disparu, non plus que celles des élus locaux. " On se sent impuissants ", avoue le maire de La Présentation, Claude Roger. Il reproche surtout au gouvernement de s'" être embarqué à l'aveuglette " dans l'aventure, et refuse toute compensation financière : " Des puits, on n'en veut plus. "

Marc Durand, ingénieur en géologie appliquée, s'inquiète beaucoup de la fermeture de puits qui fuient : " C'est la pire chose à faire que de mettre un bouchon en surface d'un puits quand le gaz migre à l'extérieur du coffrage. " Selon lui, on emprisonne ainsi 100 % de méthane sous pression, qui va forcément fuir par d'autres voies. La bonne solution serait d'obliger Canbriam à contrôler les fuites et à extraire 20 % de gaz pour diminuer la pression. Dans quelques mois, craint-il, Canbriam obtiendra un permis d'abandon du puits. Il tombera alors dans le domaine public, et qui paiera alors la facture ?

Anne Pélouas (La Présentation (Québec), envoyée spéciale)


Entretien avec Total

" Nous sommes pour une exploitation "propre" "

Bruno Courme, directeur de Total Gas Shale Europe

Total a obtenu, en mars 2010, et pour une durée de cinq ans, un permis exclusif de recherches à Montélimar (Drôme) : 4 327 km2 entre Valence et Montpellier. Le pétrolier aurait estimé, dans un document interne, que le sous-sol du sud de la France pourrait renfermer près de 2 400 milliards de mètres cubes de gaz, soit vingt ans de consommation nationale.



La mission interministérielle nommée en février par la ministre de l'écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, pour évaluer les enjeux environnementaux de l'exploitation des gaz de schiste, va rendre son rapport d'étape vendredi 15 avril, en principe. Etes-vous confiant ?

Nous attendons ses conclusions avec impatience. Sur le plan technique, nous sommes plutôt confiants car nous sommes certains de pouvoir proposer une exploitation " propre " des gaz de schiste.

Mais, parallèlement à ces questions techniques, nous assistons à un débat politique qui relaie les inquiétudes des populations des départements concernés par une possible exploitation. Nous sommes incapables de savoir ce à quoi il aboutira.

Il est de toute façon indispensable de sortir du dialogue de sourds qui prédomine actuellement entre les compagnies candidates à l'exploitation des gaz de schiste et les habitants du sud-est de la France. Aujourd'hui, quoi que nous disions, nous sommes inaudibles.

Le débat actuel est donc une bonne chose, car il va aider à jouer cartes sur table et permettra peut-être de vérifier si la France recèle des gaz de schiste. Aujourd'hui, nous n'en sommes pas encore convaincus.



Comment arrivez-vous à la conclusion qu'il est possible d'exploiter les gaz de schiste sans causer de dommages majeurs à l'environnement ? Le documentaire américain " Gasland ", de Josh Fox, montre le contraire...

La grande majorité de l'exploitation des gaz de schiste aux Etats-Unis n'a rien à voir avec ce que décrit Gasland, qui est un documentaire à charge. C'est comme si vous faisiez un reportage sur l'industrie automobile en ne filmant que dans les casses. Ce film suggère, sans rien démontrer, que la contamination des nappes phréatiques est due à la fracturation hydraulique des roches.

La fracturation hydraulique est une opération classique dans l'industrie pétrolière. Nous avons utilisé cette technique pour nombre de puits de pétrole que nous exploitons actuellement en Algérie, en mer du Nord ou en Argentine. J'ai beaucoup de mal à croire que ce qui est montré dans Gasland soit lié à cette opération.

Il s'agit plutôt d'un problème d'intégrité des puits forés, ce qui peut arriver quand des compagnies ne respectent pas les règles en vigueur. Total ne travaille pas de cette façon.



Pour fracturer la roche, il faut y injecter à très forte pression de l'eau (entre 10 000 à 20 000 m3 par puits) mélangée à du sable et à des produits chimiques toxiques. C'est un véritable défi environnemental, non ?

La gestion de l'eau est l'un des défis majeurs auxquels nous sommes confrontés avec le gaz de schiste. Où la prélève-t-on ? Comment la transporter ? Comment la retraiter ? Cette question est cruciale mais pas du tout insurmontable.

Les Américains privilégient par exemple le transport par camions, ce qui occasionne de multiples allers et retours sur les routes. En Europe, nous avons plutôt la culture des conduites souterraines, plus sûre et très couramment utilisée.

Gasland, puisque vous l'évoquez, insiste sur la multiplicité des puits, qui plus est extrêmement rapprochés. Ce maillage est lié aux réglementations américaines concernant le sous-sol.

En Europe, les lois sont différentes et permettront de forer de manière beaucoup plus rationnelle, avec des implantations de surface beaucoup moins nombreuses.



Si l'exploitation des gaz de schiste devait être interdite en France, comment réagirait Total alors qu'un permis d'exploration vous a été accordé en toute légalité ? Avez-vous évalué les dédommagements auxquels vous auriez droit ?

Nous n'en sommes pas là. Aujourd'hui, nous disposons d'un permis d'exploration. Nous nous poserons la question de réclamer ou non des dédommagements si votre scénario se réalisait.

Pour le moment, notre position n'est pas arrêtée.

Propos recueillis par Marie-Béatrice Baudet

Mon dossier sur le gaz de schiste.


Mis en ligne le 08/12/2010