Mortalité en basse; espérance de vie en hausse
Santé: la mortalité en baisse et l'espérance de vie en hausse sont le résultat des formidables progrès technologiques et de société partout dans le monde. Mais il y a un renversement récent de ce progrès qui explique ce qui se passe entre les États-Unis et le reste du monde.

Cette étude m'est inspirée par deux ouvrages de Angus Deaton et Anne Case.
*Deaths of Despair* [morts par désespoir] (écrit en collaboration avec Anne Case) se concentre sur la baisse tragique et récente de l'espérance de vie de la classe ouvrière américaine. Il fait écho au précédent ouvrage majeur d'Angus Deaton, *The Great Escape : Health, Wealth, and the Origins of Inequality* (2013). Dans *The Great Escape*, Deaton expose les facteurs historiques qui ont permis à l'humanité d'échapper à la mort prématurée, à la famine et aux maladies et d'accroître la durée de vie en bonne santé. Lorsqu'il analyse les progrès en matière de santé mondiale, Deaton met l'accent sur quatre éléments fondamentaux qui expliquent pourquoi la longévité a plus que doublé au cours des deux derniers siècles.
1. Les connaissances et la santé publique plutôt que les revenus. La thèse principale de Deaton est que les connaissances et leur diffusion sociale — et pas seulement les progrès économiques — sont les moteurs de l'amélioration de la santé à l'échelle mondiale.
- La révolution de la théorie des germes : La découverte de la théorie des germes à la fin du XIXe siècle a transformé la santé humaine. Dès que l'on a compris comment les agents pathogènes se propageaient, les gouvernements et les individus ont pu agir bien avant l'existence des médicaments modernes et coûteux.
- L'eau: construction de systèmes d'approvisionnement en eau potable, gestion des eaux usées et pratique du lavage des mains – ont considérablement réduit la transmission des maladies (comme le choléra et la typhoïde) et sauvé des millions de vies.
- Les changements de comportements: Les connaissances de base en matière de santé publique (par exemple, faire bouillir l'eau, conserver correctement les aliments et respecter les pratiques de quarantaine) ont permis aux communautés de se protéger sans avoir besoin d'une croissance massive de production économique.
2. L'effondrement de la mortalité infantile et juvénile
L'augmentation historique de l'espérance de vie n'était pas initialement due au fait que les adultes parviennent jusqu'à 90 ans ; elle était due au maintien en vie des bébés et des jeunes enfants.
- Pendant la majeure partie de l'histoire humaine, 20 à 30 % des enfants mouraient avant leur cinquième anniversaire des suites de maladies infectieuses. L'élimination de ces décès précoces a permis d'augmenter l'espérance de vie moyenne mondiale d'environ 30 ans à plus de 60 ans sur une courte période historique.
- Vaccins et antibiotiques : Les campagnes de vaccination de masse (par exemple, contre la variole, la tuberculose, la rougeole et la polio) et le déploiement d'antibiotiques la réduction de la mortalité infantile.
Dans Morts du désespoir et avenir du capitalisme (2020), Angus Deaton et Anne Case mettent en lumière une tendance inquiétante et alarmante : pour la première fois en un siècle, l'espérance de vie des Américains de la classe ouvrière a commencé à baisser avant la pandémie de COVID-19. Plutôt que de blâmer les choix individuels ou la pauvreté, Angus Deaton et Anne Case affirment qu'une combinaison spécifique d'isolement économique, d'érosion des liens sociaux et d'un système de santé dysfonctionnel a détruit systématiquement la classe ouvrière américaine.
1. La thèse centrale : L'histoire de deux éducations
La principale différence en matière d'espérance de vie aux États-Unis ne tient pas seulement à la race ou au revenu, mais aussi au fait de posséder ou non un diplôme universitaire.
- Avec un diplôme : l'espérance de vie a continué d'augmenter, accompagnée d'une croissance de la richesse et de la sécurité de l'emploi.
- Sans diplôme : l'espérance de vie a diminué, en raison d'une forte augmentation des décès prématurés entre 25 et 64 ans.
Case et Deaton qualifient ces décès prématurées de « morts du désespoir » , qui découlent de trois causes principales :
- Surdoses de drogue fortement liées à la vente libre d’opioïdes de synthèse, dont le Fentanyl.
- Suicides : reflet d'une détresse psychologique et d'un isolement social de longue durée.
- Maladies d'alcoolisme conséquences d'un abus d'alcool chronique et prolongé.
2. Principales causes profondes
Les auteurs soulignent que ces décès ne sont pas causés par des récessions économiques à court terme, mais par un effondrement lent et progressif, s'étalant sur plusieurs décennies, de la vie de la classe ouvrière.
«Le désespoir n'est pas causé par un manque d'argent temporaire ; il se construit tout au long d'une vie marquée par la diminution des opportunités, les familles brisées et la perte du lien social.»
Les nations européennes ont subi les mêmes pressions liées à la mondialisation, à la désindustrialisation et aux mutations technologiques que les États-Unis, pourtant leurs taux de mortalité au sein de la classe ouvrière ont continué de baisser tandis que ceux des États-Unis ont explosé.
Angus Deaton et Anne Case attribuent cette différence frappante aux protections structurelles en Europe qui ont protégé les travailleurs des pires conséquences des bouleversements économiques.
1. En Europe, des systèmes de santé universels contre système de santé américain basé sur le statut professionnel
En Europe, l'accès aux soins de santé est un droit social universel, indépendant du statut professionnel.
- Système européen les travailleurs qui perdent leur emploi conservent une couverture santé complète. Les coûts des soins de santé sont maîtrisés par des négociations et une réglementation nationale, ce qui empêche une inflation médicale incontrôlée.
- Système américain L'accès aux soins de santé est étroitement lié à l'emploi. La flambée des primes d'assurance maladie constitue une lourde charge pour les travailleurs à bas salaires, incitant les entreprises à réduire les salaires, à supprimer les avantages sociaux ou à externaliser les emplois afin d'éviter les coûts de santé. Par ailleurs, l'endettement médical demeure une cause majeure de faillite personnelle aux États-Unis, aggravant ainsi les difficultés financières liées à la perte d'emploi.
2. Renforcer les filets de sécurité sociale et les politiques de protection sociale
Alors que les États-Unis ont démantelé une grande partie de leur système d'aide sociale en espèces dans les années 1990, les pays d'Europe occidentale ont maintenu des cadres de protection sociale solides :
- Chômage et reconversion professionnelle : les travailleurs européens qui perdent leur emploi dans le secteur manufacturier bénéficient d'allocations chômage généreuses, d'une reconversion professionnelle financée par l'État et d'un soutien à l'insertion professionnelle.
- Protection des salaires: Les politiques de salaire minimum et les prestations légales en Europe ont empêché la baisse drastique des salaires réels comme chez les travailleurs américains sans diplôme universitaire.
- Filets de sécurité pour les personnes handicapées Aux États-Unis, de nombreux travailleurs déplacés se sont tournés vers les demandes d'invalidité ou les opioïdes pour faire face à la situation ; les marchés du travail européens ont offert des passerelles institutionnelles plus solides vers le retour à l'emploi.
3. Le pouvoir des travailleurs et la négociation collective
Angus Deaton et Anne Case soulignent que la mondialisation a affaibli le pouvoir de la classe ouvrière à l'échelle mondiale, mais que les institutions américaines ont abandonné les travailleurs dans une bien plus grande mesure :
- Unions européennes: Les syndicats dans des pays comme l'Allemagne, la France et la Scandinavie ont conservé un pouvoir institutionnel important (par exemple, les comités d'entreprise, la négociation collective à l'échelle du secteur).
- La dignité au travail : une forte présence syndicale a permis aux travailleurs, malgré l'évolution des secteurs d'activité, de conserver une voix politique, une meilleure sécurité d'emploi et un sentiment de dignité collective, atténuant ainsi le sentiment d'abandon social.
4. Réglementation du marché pharmaceutique
L'un des principaux facteurs des « morts du désespoir » aux États-Unis a été l'explosion de la consommation d'opioïdes sur ordonnance (comme l'OxyContin) à partir de la fin des années 1990.
- L'agressivité européenne les autorités de réglementation européennes restreignent fortement la publicité directe aux consommateurs pour les médicaments et contrôlent strictement les pratiques de prescription d'opioïdes.
- Défaillance du marché américain des sociétés pharmaceutiques fortement financiarisées ont commercialisé massivement des opioïdes directement auprès des médecins et des patients, inondant ainsi des communautés ouvrières économiquement vulnérables et souffrant de fortes douleurs de médicaments créant une dépendance.
En résumé : les pays européens ont connu les mêmes bouleversements économiques, mais leurs politiques ont empêché que les difficultés économiques ne se transforment en destruction sociale et en pertes humaines. Angus Deaton et Anne Case affirment que la crise américaine n'est pas une conséquence inévitable du capitalisme moderne, mais un échec de l'organisation du marché et des politiques sociales américaines.
Oui, il existe une convergence absolue entre les deux. Case et Deaton retracent explicitement comment la crise économique et sociale sous-jacente, à l'origine des « morts du désespoir », a directement ouvert la voie à l'ascension politique de Donald Trump, à l'attrait du mouvement MAGA et à son programme politique économique et transactionnel emblématique.
Le phénomène des « morts du désespoir » n’est pas seulement une crise de santé publique ; il sert également de carte politique .
L’analyse statistique révèle une corrélation frappante : les comtés présentant les taux les plus élevés de surdoses d'opoïdes, de drogue, de suicides et de décès liés à l’alcool ont fortement basculé vers Donald Trump .
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