Retraites: vieillir sans devenir vieux.

Retraites est associé à vieillir, devenir vieux et incapable. C'était notre lot autrefois; ce l'est moins aujourd'hui car on vieillit sans devenir vieux. Un peu d'histoire.

Le système de retraites tel qu'il est aujourd'hui est une réponse de la société à l'industrialisation de la fin du 19è siècle et du début du 20è (entre les deux guerres mondiales). Un mouvement initié en Allemagne unifiée sous Bismarck à la fin du 19è siècle et qui s'est généralisé en Europe entre 1918 et 1939. L'industrialisation et la technologie - la machine à vapeur, le moteur électrique, le moteur à explosion, l'énergie des combustibles fossiles, la sidérurgie, la métallurgie et la chimie - ont permis une production de masse de produits et de services sans précédent dans l'histoire humaine. Progressivement, et surtout après le 2è guerre mondiale donc après 1945, cette production de masse a bénéficié à tous en Europe et en France. L'amélioration des conditions de vie a été spectaculaire. Le système de retraites d'aujourd'hui date de cette époque.

Avant l'époque industrielle les "vieux" étaient à la charge de leurs enfants. Le système de retraites a voulu remédier à cette situation.

Ce système de retraites a donc été conçu pour les conditions de vie de l'époque industrielle; une époque, quand passé l'âge de 65 ans et devenu "vieux", on devenait incapable de subvenir à ses besoins vitaux par le travail. Le travail pour la plupart, c'était la mine, le haut-fourneau, les travaux pénibles à l'usine comme aux champs. .

Après 1945, durant 30 années dites "glorieuses" la croissance économique fut de 4.5% en moyenne annuelle, une croissance d'activité, de production et de prospérité générale sans précédent dans l'histoire. Tout au long du 19è siècle la croissance avait été de 1.5% et avant la révolution industrielle commencée à la fin du 18è siècle elle n'avait été que de 0.4%, ce qui fait dire qu'en 2000 ans nous avions très peu progressé depuis les romains.

Notre système de retraites a permis au plus grand nombre d'avoir la longévité de vie et les conditions de vieillesse du petit nombre des plus riches de l'ancienne société. De même que la production industrielle de masse a permis au plus grand nombre de bénéficier des conditions de vie d'une petite minorité de favorisés. La période faste des 30 glorieuses conduisit même à réduire l'âge de la retraite à 60 ans, sous conditions de durée de cotisations.

Bien sûr, il y a beaucoup de contrastes dans les situations des retraités, comme chez les actifs. Il y a des retraités riches, des retraités aisés, des retraités moyens, des retraité(e)s pauvres et des retraité(e)s très pauvres: 5 déciles donc.

L'amélioration des conditions de travail, la disparition de beaucoup d'industries à grande pénibilité, font qu'aujourd'hui ayant atteint 60 ans, la plupart d'entre nous ne sont pas vieux du tout. La vieillesse au sens où le système de retraites fut conçu est plus proche de 80 ans que de 60. Et quand on devient "dépendant", si on a accumulé un capital durant sa vie active - principalement un logement pour la plupart d'entre nous - il convient de le vendre à un jeune et de l'utiliser pour payer le coût de la dépendance. Et pour ceux qui n'ont pas de capital et une retraite modeste ou faible, que la collectivité prenne en charge ce coût de dépendance. C'est ce que fait l'APA.

Ensuite les circonstances économiques changent constamment. Les conditions favorables des 30 glorieuses avaient permis des montants de retraites élevés et un abaissement de l'âge de départ en retraite à 60 ans. Vu ces avantages acquis et distribués, les 30 années dites "piteuses" où la croissance n'était que de 2%, ont conduit à un affaiblissement du système et à son déséquilibre financier. L'allongement de la durée de travail actif est impératif ainsi qu'une diminution du montant des pensions. Mais les conditions économiques d'aujourd'hui avec la croissance encore plus faible et un chômage de masse rendent les mesure encore plus difficiles à accepter. Nos syndicats si représentatifs, croient avoir pour mission de les refuser en bloc indéfiniment, y compris jusqu'à la faillite possible du système de retraites.

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Mis en ligne le 01/08/2014 pratclif.com