Scepticisme à l'égard du réchauffement climatique

Spectacle du monde mai 2007
Claude Allègre "ma vérité sur la planète" avril 2007

Voici trente ans, les meilleurs experts nous annonçaient la fin du monde. Elle n'est pas survenue ! De nouveaux experts nous l'annoncent à nouveau. Par le réchauffement climatique, cette fois... Loin d'être démontré, celui-ci n'est que la dernière des peurs millénaristes !

New York, 2022. Un épais brouillard de pollution a envahi la surface du globe. La végétation a disparu, ainsi que la plupart des espèces animales. Les êtres humains mènent une vie misérable et brève. Tel est le point de départ de Soleil vert, un film de Richard Fleischer, sorti en salle en 1973.

A l'époque, créateurs et intellectuels prévoyaient déjà le pire dans un futur proche. Les thèses développées par Paul Ehrlich dans The Population Bomb (1968) avaient engendré les fantasmes les plus angoissants : une croissance incontrôlable de la population est en cours, y écrivait l'auteur [...] il sera impossible de produire davantage de nourriture en raison des dommages déjà causés à la nature [...] Des famines de masse vont survenir jusque dans le monde développé.

Le Club de Rome avait fait paraître son célèbre traité sur les "Limites de la croissance", où il était question du risque d'épuisement ressources et de la nécessité d'envisager une croissance zéro, voire une croissance négative. Selon eux, les réserves pétrolières devaient être totalement épuisées en ... 1992 ! Voir ce qu'est ce rapport du Club de Rome.

En 1976, un journaliste appelé Lowell Ponte publiait un autre ouvrage au retentissement planétaire "The cooling". Un autre article de Newsweek en 1975 était The Cooling world. Il était question, rapports scientifiques à l'appui, d'un refroidissement global dont l'humanité aurait précipité l'avènement.

Climat, ressources, famines, pollution... C'était il y a trente ans. Ce pourrait être aujourd'hui. Certes, on craint désormais plutôt le chaud que le froid, mais au fond qu'importe ! Le résultat sera le même : une avalanche annoncée de catastrophes à l'échelle planétaire.

Faut-il le dire ? Rien de ce qui avait été prédit à l'époque ne s'est produit : ni croissance incontrôlable de la population, ni famines de masse dans le monde développé, pas plus que l'épuisement des ressources, toujours d'actualité pour le pétrole, mais dont la date est sans cesse repoussée. Rumeurs et grandes peurs n'ont, pour autant, pas cessé. Au contraire !

Désormais, il est question de réchauffement global de la nécessité d'assurer un développement durable et de préserver la biodiversité. De Rio de Janeiro, en 1992, à Nairobi, en 2006, en passant par Kyoto, en 1997, les grands du monde organisent des "sommets de la Terre". Rien de moins ! Vastes réunions où chacun affiche ses bons sentiments, jette l'opprobre sur les Etats-Unis et leurs multinationales, Monsanto, Haliburton et autres agents du grand capital, promet d'agir car la maison brûle et s'en retourne chez lui, la conscience repue ! Voir "développement durable".

De nouveaux films ont succédé aux anciens. Variante inattendue, le Jour d'après, en 2004, évoquait, comme conséquence du réchauffement climatique une... glaciation brusque et brutale. A défaut d'un ticket pour la Maison-Blanche, Al Gore, ancien vice-président américain, a obtenu un oscar A Hollywood pour son film "An inconvenient truth/une vérité qui dérange", film qui détaille tous les malheurs de notre mère la Terre en martelant que le compte à rebours de la bombe écologique était lancé et que si nous n'agissions pas maintenant il serait trop tard pour l'arrêter.

Des rapports sont rédigés, tel celui présenté voici peu par Nicholas Stern, ancien économiste à la Banque mondiale, à l'attention du gouvernement britannique. Des célébrités médiatiques comme Nicolas Hulot ont alerté l'opinion et se sont ralliées les grands décideurs. Un grand sommet du climat a été organisé à Paris par Jaques Chirac aux fins de donner davantage d'écho à la publication du nouveau rapport du GIEC "Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat", mandaté par l'ONU. Ses conclusions sont implacables: Le climat se réchauffe et le principal responsable est l'activité humaine/industrielle. Il faut changer profondément nos modes de vie a aussitôt rétorqué Jacques Chirac qui a parlé de "gouvernance écologique mondiale" et de déclaration universelle des droits et devoirs environnementaux.

Quant à la démonstration de la responsabilité humaine, elle viendra plus tard, si elle vient... L'important est de parvenir à une prise de conscience. De sorte que contester la réalité du réchauffement climatique est devenu un acte de » lèse-humanité à ce titre, hautement condamnable. Claude Allègre, ancien ministre, professeur agrégé des universités, qui a osé bafouer l'interdit, dans une tribune de l'Express, publiée en septembre 2006, où il invitait simplement à la prudence parce que les causes de la modification du climat sont inconnues, a fait l'expérience immédiate de cette sanction.

Et pourtant ! De quoi est-on vraiment sùr aujourd'hui ? D'abord : peut-on dire que l'on assiste à une phase de réchauffement ? La réponse semble être : oui. Mais elle implique nuances et précisions. Comme de nombreux historiens l'ont démontré, dont Emmanuel Le Roy Ladurie dans son Histoire du climat depuis l'an mil (Flammarion, 1993), le climat a beaucoup varié au fil des siècles et des millénaires. Il y a eu des périodes très froides où l'Europe et l'Amérique du Nord étaient couvertes de glaciers, et d'autres plus chaudes. En l'an 1000, le Groenland était vert et cultivé. D'où d'ailleurs son nom qui signifie „ la terre verte ! Au temps de Louis XIV, il pouvait geler en été à Versailles. Les années 1850-1940 ont vu un réchauffement s'opérer. Trente-cinq années de refroidissement ont suivi. Cette histoire du climat dans notre période historique a son pendant en anglais chez RHBryant et HH Lamb . Voir ici. Et aussi ceci.

Vint ensuite un léger rechauffement qui se poursuit aujourd'hui. Aucune donnée n'indique ou ne montre que ces fluctuations ont été dues aux activités humaines.

L'obnubilation sur le dioxyde de carbone (CO2) pourrait conduire à oublier que le principal gaz à effet de serre est la vapeur d'eau, dont la quantité dans l'atmosphère connaît d'amples fluctuations sur lesquelles les hommes n'ont pas de prise. La part de COz venant des activités humaines représente environ 2,5 % du total des gaz concernés. Le 5 novembre 2006, le Sunday Telegraph publiait un long article de son reporter scientifique Christopher Monckton expliquant qui» un doublement de la quantité de CO2 dans l'atmosphère au cours du siècle qui commence déboucherait sur une augmentation moyenne de température inférieure à un degré centigrade, let qu') une telle variation aurait un effet négligeable Le journaliste soulignait au passage que l'activité solaire comme cause possible des fluctuations climatiques était singulièrement ignorée...

Lc fait que les activités humaines soient seules responsables d'un réchauffement climatique n'est pas du tout avéré. Richard Lindzen, chercheur au MIT Massachusetts Listitute of Technology, rappelait récemment que la communauté scientifique considère que les gaz à effet de serre produits par l'homme ne contribuent qu'à un tiers de la hausse observée et que le GIEC a mis la l'accent sur la responsabilité humaines simplement "parce qu'il ne voyait pas ce que cela pouvait être d'autre".

Que le réchauffement soit global n'est pas avéré non plus : si l'hémisphère Nord semble se réchauffer très légèrement depuis quelques années (0,017 degré par an depuis 1993), l'hémisphère Sud connaît, lui, une stabilité thermique, voire un léger refroidissement. Si certains glaciers de l'Arctique fondent, les glaces de l'Antarctique s'épaississent. Or elles représentent 95 % des réserves de glace du globe. « Parler de climat global est absurde et sans fondement scientifique déclare Fred Singer, professeur émérite des sciences de l'environnement à l'université de Virginie. Un hiver doux en Europe peut coïncider avec un hiver très froid outre-Atlantique. Ainsi, il a gelé à Houston, au Texas, au mois de février dernier, ce qui ne s'était pas produit depuis plusieurs décennies.

« Le climat ne cesse de changer, c'est la seule chose qu'on peut dire avec pertinence. Des régions différentes de la planète sont tantôt plus humides, tantôt plus sèches, tantôt plus froides, tantôt plus chaudes, poursuit Singer. S'il y a moins de nuages au-dessus de certains territoires en été, il fera plus chaud. S'il y a davantage de poussière dans l'atmosphère, en raison d'une éruption volcanique par exemple, il fera plus froid".

Le niveau de la mer, dont on parle beaucoup, s'élève depuis des décennies, quoi que fassent les hommes, au rythme d'environ deux millimètres par an, et le rythme n'a subi aucune modification récente. La température des océans semble avoir baissé au cours des deux années écoulées.

Quant à ce que réserve l'avenir, les prévisions énoncées par le GIEC reposent sur des modèles mathématiques étroitement dépendants des données qu'on y inclut. Christopher Homer, du Competitive Enterprise Institute, remarque que „ les projections de croissance sur lesquelles les derniers calculs sont basés impliqueraient de supposer qu'en 2050, la Corée du Nord aura un produit intérieur brut par tête équivalent à quatre fois celui des Etats-Unis et que la Libye, l'Algérie, l'Afghanistan ou le Nigeria auraient eux-mêmes et à la même date un PIB supérieur à celui du Royaume-Uni ou de l'Australie...

Une conclusion, dès lors, s'impose : rien, au vu des données disponibles, ne justifie les discours catastrophistes. Rien ne justifie donc qu'on prenne des mesures de précaution globales contre les activités humaines, a fortiori dans les pays riches qui disposent de la technologique la plus sophistiquée, et bien souvent la plus „ propre Rien, sinon des considérations qui auraient extrêmement peu à voir avec la science, et beaucoup plus avec l'idéologie...
D'autant que les mesures envisagées seraient d'un secours incertain. Le protocole de Kyoto, conclu en 1997 et entré en vigueur en février 2005, a pour objectif d'abaisser, à l'horizon 2012, les émissions de CO2 de 5 % par rapport à leur niveau de 1990. Incidence sur la température : 0,15 à 0,3 °C en 2100. Autant dire nulle ! Par contre, coût estimé à 370 milliards d'euros et des millions de chômeurs. D'ailleurs, si 157 pays ont ratifié ce protocole, très peu sont parvenus à respecter leurs engagements. Sur les 41 pays pris en compte par le GIEC pour ses statistiques, 36 ont même vu leurs rejets de gaz à effet de serre augmenter au cours des cinq dernières années, bien que leur gouvernement ait ratifié le protocole. Les efforts que ferait la France seraient d'une portée insignifiante dès lors qu'elle ne représente que 2 % des rejets planétaires de gaz à effet de serre. Dès lors aussi que les pays en voie de développement, dont la Chine, l'Inde et le Brésil, qui rassemblent près de trois milliards d'individus et connaissent aujourd'hui la plus forte croissance, ont été exemptés de telles restrictions.

Pour l'essentiel, les propositions du rapport Stern reposent sur une augmentation des taxes sur toutes les émissions de carbone Les taxes, écrit Stern, ont l'avantage de fournir un flux continu de revenus ») et sur un programme d',. investissements planétaires en faveur d'une réduction drastique » des émissions de CO2, pour un coût annuel évalué à 300 milliards d'euros. Elles s'accompagnent de prédictions concernant les coûts économiques apocalyptiques qu'aurait le retour à la croissance zéro (une perte de 5 à 20 % du produit brut global annuel). Si les prédictions de ces coûts de l'.. inaction » apparaissent très excessives, parce qu'appuyées sur un recours systématique aux prédictions mathématiques les plus négatives, le poids de l'augmentation envisagée pour les taxes serait, lui, réel et immédiat, avec pour résultat de plonger les pays concernés dans une profonde récession.
Du coup, le rapport s'est vu désavoué par nombre de scientifiques et certains experts cités par Stern lui-même. „ Th-ès excessif et absolument pas fiable a ainsi déclaré William Nordhaus, professeur d'économie de l'environnement à l'université de Yale. ,. La où l'économiste contemporain se montre très hésitant, le rapport Stern montre une certitude absolue que, strictement, rien ne justifie conclut pour sa part sir Partha Dasgupta, chercheur à l'université de Cambridge.

En France, les propositions de Nicolas Hulot coûteraient cher, elles aussi, puisqu'il y est question d'une taxe sur le carbone visant à diviser par quatre les émissions de CO: en France d'ici à 2050. Sc limitant à l'Hexagone, elles auraient une incidence dérisoire. Par contre, elles impliqueraient, comme le note Claude Allègre dans son livre Ma vérité sur la planète, » un système de rationnements et de quotas comme nous n'en avons pas connu depuis l'occupation allemande En outre, compte tenu du refus du nucléaire et des biotechnologies, elles conduiraient, ajoute Allègre, , au suicide de notre industrie et de notre agriculture Elles supposeraient enfin la mise en place, sur un mode totalitaire, d'un enseignement obligatoire de l'écologiquement correct.

A la vérité, il apparaît que les solutions coercitives et punitives, pour être efficaces, demandent une coordination planétaire, une limitation massive des libertés individuelles et surtout un changement de mode de vie. En d'autres termes, la destruction de la démocratie et le retour à une civilisation préindustrielle... Autant de perspectives difficiles à imposer sinon justement par la force.

Si le Monde développé - car le souci écologique se limite pour l'heure à l'Occident industrialisé - tient à dépenser de l'argent, celui-ci serait mieux employé à être investi dans l'accès à l'électricité des deux milliards d'êtres humains qui en sont privés et qui, devant utiliser le bois ou le charbon pour cuisiner ou se chauffer, contribuent non seulement à l'effet de serre, mais surtout à une déforestation tout aussi préoccupante.
Si l'Union européenne tient véritablement à aider les pays pauvres, elle pourrait envisager de pratiquer avec eux davantage d'échanges et ne pas tourner le dos au développement et aux innovations technologiques, en particulier dans le domaine de l'énergie nucléaire, puisque celle-ci n'est pas émettrice de CO2.

Quant aux écologistes, s'ils souhaitent vraiment le bonheur de l'humanité, ils pourraient, comme le souligne Claude Allègre, s'intéresser aux effets dévastateurs de la pénurie et de la mauvaise qualité de l'eau qui sont immédiatement perceptibles aujourd'hui (cinquante mille morts par semaine par absence d'eau potable) et non pas dans un siècle. Ce n'est malheureusement pas le cas, ce qui ne laisse pas de révolter l'ancien ministre qui s'insurge contre le manque de conscience de ceux qui veulent se donner bonne conscience.

Présentes dans toutes les sociétés, les peurs millénaristes se perpétuent, alors qu'elles sont perpétuellement démenties par la réalité. Qu'il s'agisse d'une apocalypse, d'un déluge, d'un anéantissement nucléaire, du bug de l'an 2000 ou d'un éventuel réchauffement climatique, les faux prophètes ne sont jamais à cours de frayeurs. Et ils trouvent toujours une audience réceptive. Aussi ignorante que crédule.


Partager | Suivez moi sur twitter @pratclif

Mis à jour le 11/10/2016 pratclif.com