liens/links
  1. EDF le nucléaire
  2. AREVA
  3. SFEN le nucléaire
  4. AIEA
  5. Statistiques énergie France et Monde (2007)
  6. Uranium: ressources/reserves méthodes de classification
  7. USGS Uranium
  8. Agence pour l'énergie nucléaire
  9. Uranium enrichi pour bombe atomique
  10. Sortir du nucléaire: Bombe atomique: la Corée du Nord veut-elle copier la France?
  11. Débat sur l'énergie nucléaire
  12. Activisme anti-nucléaire
  13. La planète commence à craquer de partout du fait de la présence d'Homo.sapiens
  14. Changement climatique, développement durable économie, croissance, pouvoir d'achat... tout cela est-il conciliable?
  15. Traité de non prilifération des armes nucléaires (TNP)
  16. Traité de non-prolifération nucléaire (wikipedia)
  17. The future of nuclear energy in the European Union
  18. réacteurs de génération III EPR
  19. réacteurs de génération IV
  20. Fusion nucléaire ITER
  21. Hydrogène, piles à combustible
  22. "relever le gant de l'après pétrole".
  23. Les gouvernements peinent à mettre en place des mesures préparatoires efficaces pour paver la route de la transition énergétique de demain.
  24. À quand l'hydrogène?
  25. Generation III reactors (dont EPR)
  26. Generation IV Nuclear Reactors
  27. le thorium comme combustible nucléaire

Réponse à un sceptique sur le changement climatique

Pas de haro sur les "écolos". Les "écolos" sont des gens comme vous et comme moi qui voient les signes du réchauffement climatique, comme nous en informent à longueur d'année maintenant, le GIEC et les 2500 scientifiques de toutes disciplines qu'il coordonne. Vous exprimez le point de vue de sceptiques. Le climat a toujours changé... exemples les Vikings au Groënland, la période chaude du début du 2è millénaire, le petit âge glaciaire du 16è et 17è siècles... Sceptiques qui nous disent qu'on peut continuer de faire comme si de rien n'était, le "business as usual" des anglais. Le petit âge glaciaire c'est du passé et c'était avant la révolution industrielle et sa formidable explosion depuis 5 décennies.

Ce qui a changé, c'est que nous émettons 7.9 milliards de tonnes de carbone (2007) - 28.9 milliards de tonnes de CO2 - dans l'atmosphère en brûlant charbon, pétrole et gaz accumulés dans les sédiments pendant des millions d'années et que cela augmente d'année en année. Ces 28.6 milliards de tonnes de CO2 sont absorbés par les puits que sont la biomasse terrestre et les océans, selon le schéma simplifié que voici; mais les scientifiques qui étudient le bilan carbone de la planète nous disent que chaque année une partie des 28.6 milliards de tonnes de CO2 n'est pas absorbée par les puits et que chaque année nous ajoutons 3.2-3.5 milliards de tonnes de carbone à l'atmosphère. Voir ici. Là est l'observation factuelle avec les connaissances scientifiques du moment. Ceux qui en sont convaincus - et c'est la grande majorité actuellement, n'en déplaise aux Claude Allègre, Laurent Cabrol, Michael Spielberg et autres sceptiques - disent: il faut s'adapter ce qui veut dire réduire notre dépendance à l'égard des combustibles fossiles et augmenter les efforts de recherche.

Chaque pays doit prendre sa part de l'effort car nous sommes tous interdépendants, par delà les notions traditionnelles de nations et de frontières artificielles. Si les EU sont les premiers émetteurs (20%) suivis de la Chine 18.4% et de l'UE 11.4% (la France 1.4% est le 15è en taille). Voir ici.

Là où je suis d'accord avec vous et que je fustigerai certains aspects "écolos" c'est qu'il ne faut pas se tromper de cibles pour réduire notre consommation d'énergie. Mais avant cela, relativisons le nucléaire: en 2007 la France a consommé 176 millions de tonnes équivalent pétrole par an sous toutes formes; 70% de cette énergie (123.2Mtep) provient du pétrole et gaz et est utilisé dans les transports - il y a encore 1.8% de charbon importé notamment pour les centrales thermiques du Havre et de Cordemais, 20% de l'électricité (35.2Mtep) et 10% (17.6Mtep) d'énergies renouvelables. Sur les 20% d'électricité 78% sont produits par la filière nucléaire; le nucléaire représente donc 16% de la consommation d'énergie totale.

Si la France est bien placée en électricité nucléaire ce qui réduit les efforts à faire pour diminuer notre consommation d'énergie fossile, on ne va pas faire basculer toute la planète dans notre système. La raison principale en est - au delà des aspects sûreté nucléaire, du traitement des déchets et de la crainte des populations du fait que le nucléaire a des applications à la fois militaires et civiles - que les réserves mondiales connues d'uranium naturel sont limitées (60-80 ans) selon les coûts d'extraction. Voir ici. Les centrales utilisent de l'uranium fissile obtenu par traitement de l'uranium naturel à faible teneur en U. L'uranium naturel contient 99.3% d'U238 non fissile et 0.7% d'U235fissile). Le minerai contenant l'uranium naturel à faible teneur en U est d'abord enrichi sur les sites d'extraction minière à 75% d'uranium appelé "yellow cake"; celui-ci est ensuite concentré pour contenir 3.2% d'uranium fissile U235 qui est le produit utilisé en centrale nucléaire. Voir ici comment on fabrique l'uranium fissile pour centrale.

L'enrichissement en Uranium fissile au delà de 3-4%, jusqu'à 90% d'U235 est possible; mais cela exige une technologie très avancée qui n'est pas accessible à tout les pays, et on produit alors une matière qui peut servir à faire des bombes atomiques - aujourd'hui Iran, Corée du Nord. Voir ici les degrés de concentration. La communauté internationale, par le traité de non prolifération nucléaire (TNP) et le watchdog qu'est l'agence internationale de l'énergie nucléaire (AIEA) ont pour mission d'empêcher cette évolution. Voir ici le cycle du combustible (EDF).

Cela dit, en Europe, seuls le Royaume-Uni, la Finlande et la France continuent la filière nucléaire; tous les autres pays l'ont abandonnée.

À cause des réserves limitées en uranium naturel dont la partie fissile n'est que 0.7%, du problème de traitement des déchets nucléaires et de la nécessité de recycler les déchets encore fissiles, le futur du nucléaire est dans les réacteurs de génération III EPR dont le premier est en cours de construction en Finlande (le suivant sera construit à Flamenville en France), à plus long terme dans les réacteurs de génération IV (dits à neutrons rapides et à caloporteurs autres que l'eau pressurisée); et à plus long terme encore dans la fusion nucléaire dont ITER est la première étape. Voir ici document EDF sur le futur du nucléaire.

L'espoir est de pouvoir disposer d'énergie électrique en abondance pour pouvoir produire l'hydrogène par électrolyse de l'eau et ainsi fabriquer des piles à combustible, ce qui réduirait la dépendance des transports au pétrole. Voir ici l'article "à quand l'hydrogène?

Cela étant dit, revenons aux cibles. Ce n'est pas par l'extinction des veilles de TV ou les lampes à faible consommation - qui au passage consomment plus d'énergie à fabriquer que les lampes à incandescence - ou par le photovoltaïque le solaire et l'éolien que nous allons diminuer dramatiquement notre consommation d'énergie fossile. Tous ces moyens, notamment les derniers contribuent mais de manière marginale. C'est dans trois domaines que nous devons agir: le chauffage des bâtiments, les transports routiers, maritimes et aériens, et les produits manufacturés. Ces 3 postes sont 70% de notre consommation d'énergie. A chacun de voir de manière responsable ce qu'il peut contribuer aux économies nécessaires: par la modération et la frugalité. Il est vrai que l'énergie pétrole abondante et bon marché, supposée sans impact sur l'environnement nous ont conduit à adopter le mode de vie que nous avons aujourd'hui ce qui a commencé après les années 60; la voiture est devenue indispensable à tout le monde, plus personne ne peut s'en passer. Les produits manufacturés sont devenus indispensables à tout le monde, y compris ceux qui viennent par avions cargo d'extrême orient ou d'amérique latine... Mais c'est précisément là qu'est le dilemme. ET les "écolos" et les "altermondialistes" se demandent si cela va durer éternellement d'autant que tous les gouvernants nous incitent à croire que oui et qu'il faut continuer de croître.

Le mouvement "écolo" est en pleine activité sur la planète avec les nombreux sites et associations qui s'emploient à exprimer leur vue des choses sur le changement climatique et ses conséquences pour la planète et l'espèce humaine. Ce sont les WWF, Greenpeace, SOS planète, Terre sacrée, Nicolas Hot, Mann Anthus Bertrand et bien d'autres encore. En revanche, le mouvement altermondialiste paraît un peu essoufflé ou rechercher un nouveau souffle. C'est parce qu'il a souvent été accompagné de violences que le mouvement altermondialiste a été discrédité par les média et les neolibéraux et ce pour continuer le "business as usual".


Mis à jour le 18/12/2011